radio – l’Œil libre

Interview radio de Jean-François Spricigo par Christine Coste à l’occasion de l’exposition anima à l’Académie des Beaux Arts de l’Institut de France à Paris.
Diffusée le 3 novembre 2009 à 11h dans l’émission l’Oeil Libre d’Aligre FM.
Durée : 55min 43sec

anima

2010.01.09    –    2010.02.13    Louis Stern Fine Arts (Los Angeles, USA)
2009.10.28    –    2009.11.21    Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France (Paris)

L’Un des Leurs
par Robert Delpire

L’homme a toujours eu des rapports très diversifiés avec l’animal. Selon les époques, selon la nature de chacun, selon ses fonctions, sa culture, aussi selon le climat dans lequel ils vivent l’un et l’autre.
Mais il s’agit ici de photographie. Les variétés d’approche deviennent aussi nombreuses que les spécialités professionnelles. On retrouve chez l’homme muni d’une caméra les mêmes réactions primaires, affectives, viscérales, de ceux qui, comme Buffon, aiment les chiens et détestent les chats. Mais il y a des variantes qui tiennent à la technique même. Un naturaliste ne peut se comporter, c’est l’évidence, comme un ornithologue.
Pourtant il y a ceux, rares, qui aiment tous les animaux pour ce qu’ils sont. De la fourmi à l’éléphant, de la grenouille au phoque, de l’oiseau au félin. Jean-François Spricigo est de ceux-là.
Si l’animal n’est pas le thème unique de ses images, il est une constante dans sa quête de l’image juste, celle qui n’est pas faite pour décrire, pour illustrer un texte mais celle qui prouve un intérêt profond pour l’animal qui exprime une empathie, une émotion.
Chacune des photographies de Jean-François Spricigo est un témoignage, non sur l’apparence de l’animal choisi mais sur sa spécificité, sur son identité. J’ai envie de dire sur sa psychologie. Sur ce qu’il y a de surprenant dans la gestuelle d’un prédateur et d’intrigant, d’inquiétant dans son regard, sur ces moments intenses ou un animal se révèle dans ce qu’il a de plus vrai, dans le bonheur d’être en vie et de se rouler au soleil, dans la peur et la faim.
Jean-François Spricigo me fait oublier les hommes qui s’intéressent aux animaux pour avoir le plaisir de les tuer. Canard ou lapin, gazelle ou guépard tout est bon à tirer. Dans le meilleur des cas pour manger. Souvent pour prouver leur aptitude au fusil. Ou pour accumuler les trophées. Pour mettre une tête de tigre dans le salon ou pour utiliser une main de gorille comme cendrier.
Les trophées de Jean-François Spricigo sont des images qui prouvent un profond respect pour l’animal quelle que soit sa race. Il ignore toute hiérarchie. Il est avec l’âne, comme il est avec le cheval ; avec le chat, comme avec le chien. Il est l’un des leurs. Comme je le suis moi-même. Il me réconcilie avec l’homme.

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Publication

2009

Photographies et texte pour Photo Nouvelles du mois de décembre à l’occasion de l’exposition « anima »
hors-série de la Revue des Deux Mondes

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Presse papier

2010

03.15    Artillery

2009

12.01    Réponses Photo Hors Série n°4
11.16    Connaissance des Arts Spécial Photo
11.15    Los Angeles Times
11.11    Télérama Sortir
11.11    Le Figaroscope
11.11    L’Officiel des Spectacles
11.01    Réponses Photo
11.01    Le Journal du Dimanche
11.01    Photo Nouvelles
11.01    Chasseur d’Images
11.01    Paris Mômes
10.30    France 3
10.30    France 2
10.30    Vif L’Express Week-End
10.29    20 Minutes
10.28     Pariscope
10.27    À Nous Paris
10.01    Foto Kvartáls
09.30    L’Oeil
09.28     Palace Costes
09.03    Image & Nature
09.01    Connaissance des Arts Spécial Photo
07.01    Beaux-Arts Magazine
06.12    Vif L’Express Week-End
05.16    Magazine Foto
02.13    La Dépêche
01.01    Le Photographe

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Presse radio

2010

01.10    Canal Académie – Carrefour des Arts

2009

11.18    France Inter – L’Humeur Vagabonde
11.03    Aligre FM – L’Oeil Libre

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Presse TV

2010

01.__ Dailymotion – Consulat de France à Los Angeles

2009

11.__ Youtube – Hervé Le Goff

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Dossier de presse anima – Académie des Beaux Arts de l’Institut de France

Revue des Deux Mondes

Revue des Deux Mondes – anima

Hors-série de La Revue des Deux Mondes publié à l’occasion de l’exposition anima à l’Institut de France.

septembre 2009  / 15*23,5cm / 34 pages
ISBN 978-2-35650-017-5

Textes de Marc Ladreit de Lacharrière, Arnaud d’Hauterives, Anne Biroleau, Robert Delpire et Marcel Moreau
Photographies de Jean-François Spricigo

Rencontres d’Arles

07.07.09 – 13.09.09    Prix Découverte des Rencontres d’Arles

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Publication

2009

Photographies pour le catalogue des 40 ans des Rencontres d’Arles 2009
Actes Sud – ISBN 978-27427-8405-9

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Presse papier

2009

10.01    Foto Kvartáls
07.01    Beaux-Arts Magazine
06.12    Vif L’Express Week-End

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Presse TV

2009

22.07 Arte – Arte Culture

radio – journal 13h

Interview radio de Jean-François Spricigo à l’occasion du prix de la Fondation belge de la Vocation reçu en 2008.
Diffusée le 21 mai 2008 au journal de 13h de La Première (RTBF).
Durée : 3min 13sec

prelude

2009.04.16    –    2009.05.26    Simonis Gallery (Varsovie)
2008.02.27    –    2008.04.05    Agathe Gaillard (Paris)

La nuit sera noire et blanche
par Anne Biroleau

Le sentiment tragique de la vie traverse et soutient l’univers de Jean-François Spricigo. Non un tragique ostentatoire et démonstratif ; nous sommes loin chez lui des déclarations définitives sur la Vanité du monde et la contingence des choses et des êtres. Il ne démontre aucunement l’inutilité, n’en forme pas le concept, mais se place dans son champ, qui est celui de l’art. Il faut l’affirmer et l’œuvre de Jean-François Spricigo le proclame, l’art est inutilité fondamentale. La photographie lui est aussi naturelle semble-t-il que la faculté de voir et de respirer. Les interstices du visible, « les portes d’ivoire et de corne » de l’imaginaire, les labyrinthes de la représentation, s’ouvrent devant lui comme des voies royales, non pour aller vers l’imaginaire, l’au-delà et l’imperceptible, mais pour les faire venir à nous, nous les offrir tels que jamais nous ne les aurions saisis.
Etrange photographe, celui qui tournant son objectif vers la perpétuelle et inquiétante mutité des choses, nous les montre non dans leur présence réelle, mais dans leur possible et sensible évanouissement. C’est dans cette évanescence, peut-être, que repose la vraie nature du tragique. L’univers de Jean-François Spricigo n’est guère plus étendu que la distance où porte son regard. Il est fait de moments banals, de voyages peu lointains, de visages familiers, de présences amies, d’animaux dépourvus d’exotisme. Pourtant, c’est un monde du glissement, un monde où tout se transforme sans cesse ainsi que dans les mythes fondateurs des grecs, un univers où les lumières émergent de l’intérieur de l’image, à l’exemple des lueurs qui guident vers la mort ou le salut les héros des contes de fées. Les images semblent émerger d’une profondeur d’ombre infinie, le mouvement qui les habite n’est plus celui de la photographie, pas encore celui du cinéma. Il est le mouvement du récit, de la narration, du conte. Toutes ces photographies se répondent, s’appellent, s’engendrent les unes les autres en un réseau potentiellement infini. Un réseau qui couvre son monde, comme si la carte se superposait exactement au territoire, comme si l’image transposait exactement le songe. Les photographies de Spricigo sont étoilées de fractures, parsemées de traces et d’accidents, d’éraflures et de manques. Il les accepte et en fait œuvre, le coup de dés du hasard n’a jamais été aussi présent que dans cette œuvre, pourtant maîtrisée de bout en bout.

Etablir une filiation de l’œuvre de Spricigo amène sans nul doute à évoquer les meilleures images de Mario Giacomelli, non pour la parenté de sujets que constituent les images de l’abattoir ou de l’asile, mais pour la richesse des plans, la virtuosité des équilibres, la maîtrise des valeurs, pour l’audace dans le traitement du tirage. Le grain y prend une ampleur somptueuse, une violence troublante, devient lui-même part du récit qui s’élabore. Mais Spricigo n’entreprend nullement un grand récit philosophique ou une saga de la vieillesse à l’exemple du photographe italien. Il reste dans l’en deçà, son monde n’appartient qu’à lui. Il le fait nôtre pourtant, notre recherche d’une image fondatrice et originelle surgie droit de la mémoire et de l’enfance, trouve son accomplissement dans sa vérité à lui. C’est cela. « Ça  a été » aussi pour nous. C’est en quoi son univers apparemment si restreint, si étroit touche à l’universel. Peu d’artistes possèdent l’apanage de faire disparaître en un seul geste la frivolité et la superficialité, d’aller droit à l’essentiel et de ne pas s’en écarter, dans un art aussi mince que celui de la photographie, nous découvrons la « profondeur de la peau » évoquée par Nietzsche.
Le monde intime que cette œuvre ouvre pour nous semble trouver son essence dans la dernière phrase écrite par Gérard de Nerval, le soir même de sa mort :
« Ne m’attendez pas ce soir car la nuit sera noire et blanche. »

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Presse papier

2009

05.16    Magazine Foto

2008

04.01    Marie Claire
03.01    TGV Magazine
03.01    Connaissances des Arts Spécial Photo
02.01    Exporama

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Presse TV

2008

03.18    No Télé – Puls