entrechats


2018.04.28    –    2018.09.16    Musée de la Photographie Charleroi

À tous nos chats, passés, présents et à venir

Quatre millénaires à le fréquenter n’ont pas suffi à dégoûter le chat de l’homme malgré les tourments que celui-ci n’eût de cesse de lui infliger au long d’un patient compagnonnage qui le voit aujourd’hui devenu « animal de compagnie » ; quatre mille ans durant lesquels ce félin a patiemment observé l’homme, s’en approchant par cercles concentriques, malgré les massacres, les bûchers, la sorcellerie, les coups et les abandons, pressentant en sa ténacité qu’il y avait avec cet autre mammifère une aventure à tenter et qu’à certains d’entre eux il deviendrait indispensable.

Pareille obstination lui valut la célébration des peintres, des sculpteurs, des poètes et des musiciens. Des sculpteurs anonymes de l’ancienne Egypte, cet Orient dont il semble nous être venu, à André Malraux, en passant par Homère, Michelet, Poe, Chateaubriand, Dumas, Ravel, Apollinaire, Bonnard ou Steinlen, tous ont loué sa beauté, son élégance et ses vertus, tous ont aimé ce veilleur silencieux, ce génie domestique, cause de tant de bonheur et de complicité.

Mais c’est sans doute en son indépendance que le chat apparaît comme le plus attachant. Car si on le croit aujourd’hui domestiqué, si parfois il s’abandonne, jamais pourtant il ne se rend, libre de nous quitter, toujours susceptible d’un départ qui nous laisse angoissés, désemparés et si seuls.

Ce n’est jamais avec lui un mariage, mais un pacte, une alliance tacite, renouvelée chaque matin et rejouée le soir venu, lorsque le chat se souvient qu’il est un fauve, et que la nuit est son royaume. L’absence d’un chat est une plaie qui jamais ne se referme, un long chagrin d’amour.

Nous aimons les chats parce qu’il n’en est pas de laids, parce qu’il n’en est pas de racistes, parce qu’ils dédaignent l’argent comme les honneurs, parce qu’il n’est pas plus de chat de chasse que de chat policier, parce qu’il peut être tour à tour héroïque, séducteur, arrogant, dédaigneux ou câlin ; nous aimons les chats parce qu’il n’est rien de plus agréable que de passer la main dans son pelage comme on le fait dans la chevelure d’une femme aimée ; nous aimons les chats parce qu’ils ont la vertu du silence et qu’un seul clignement d’yeux suffit à nous comprendre ; nous aimons les chats parce qu’ils n’ont ni maîtres, ni frontières et qu’ils savent garder nos secrets ; nous aimons les chats de ne pouvoir faire autrement.

Xavier Canonne
Directeur du Musée de la Photographie de Charleroi

avec :
CORRADO AMATI + DAVE ANDERSON + NOBUYOSHI ARAKI + JANE EVELYN ATWOOD + MICHEL AUDER + ROGER BALLEN + THOMAS BOOGAERT + EDOUARD BOUBAT + FRANCK CHRISTEN + DAVID CLAERBOUT + DENISE COENEN + ISABELLE DETOURNAY + LAURENT DUPONT-GARITTE + PETER FISCHLI + DAVID WEISS + MARTINE FRANCK + FILIP GILISSEN + DOUGLAS GORDON + DAN GRAHAM + GREGORY HALPERN + ROB HORNSTRA + IZIS + ALAIN JANSSENS + SERENA KORDA + ADOLPHE LACOMBLÉ + KARL LAGERFELD + ROGER LAUTE + JACKY LECOUTURIER + ELODIE LEDURE + CHARLES LEIRENS + VJOLA LESKAJ + PIERRE LIEBAERT + GARETH LONG + MICHEL LORIAUX + BÉNÉDICTE LOYEN + LES FRÈRES LUMIÈRE + ETIENNE-JULES MAREY + DUANE MICHALS + EADWEARD MUYBRIDGE + FRANÇOISE NUÑEZ + CHARLES PAULICEVICH + MARC PIERRET + ANICK PILLIONNEL + BERNARD PLOSSU + MICHAEL QUEENLAND + LUCIA RADOCHONSKA + ROBERT RAUSCHENBERG + BETTINA RHEIMS + BARBARA RIX-SIEFF + WILLY RONIS + ALDO SESSA + JEANLOUP SIEFF + JEAN-FRANÇOIS SPRICIGO + THIERRY STRUVAY + FILIP TAS + IVAN THOMAS + ARTHUR TRESS + LUC VAISER + JEAN-MARC VANTOURNHOUDT + ORIOL VILANOVA + WEEGEE + MINOR WHITE + HUGHES DE WURSTEMBERGER

Une exposition du Musée de la Photographie en collaboration avec le Musée du Chat ASBL
Commissariat : Xavier Canonne & Catherine Mayeur

 

en famille

2011.05.28    –    2011.08.28    Libera Accademia di Belle Arti (Brescia, Italie)
2010.01.06    –    2010.03.04    Maison de la Culture (Tournai, Belgique)

Mon Ami
par Marcel Moreau

À l’intime de ses sens en éveil, il y a déjà ce « léger tremblement du regard » au bout duquel le visible, à coup sûr, commencera une autre vie, plus vraie que la précédente à la remorque de ses seules apparences. Le regard insiste, le « léger tremblement » de même : il en résulte un invisible dont les épiphanies s’obtiennent tantôt au « grattage », tantôt à l’« arraché, ou encore à la « caresse ».
La photographie, chez Jean-François Spricigo, semble bel et bien avoir été précédée un bref instant – l’instant d’une fulgurance – d’un regard tourné vers ses propres profondeurs, de chair et de sang. L’œil intérieur sait ce qu’il fait, et pourquoi il le fait, quand il conditionne l’acuité de sa perception à l’expérience qu’il a des plongées vertigineuses dans les fosses abyssales du corps, là où se situe tel visage englouti de lui-même au départ de toutes ses transfigurations. Je connais cela aussi en littérature, lorsque, par exemple, les mots en train de s’écrire tirent l’essentiel de leur vérité des mouvements qu’imprime à leur contenu ma vie organique, en prise sur les « entrailles » du langage. Il est des moments où un art, quel qu’il soit, n’est jamais plus péremptoire qu’au détour des « phénomènes atmosphériques » qu’il provoque en faisant se rencontrer dans une anatomie donnée la violence d’un « putsch » et la délicatesse d’une poésie.
J’ai déjà eu l’occasion de dire et d’écrire tout le bien que je pensais du talent de Jean-François, à quoi j’ajoute le prix que j’attache à son amitié. Je ne me sens pourtant pas suffisamment « de mon temps » pour accorder aux images une attention plus considérable que celle que requièrent les mots.
Mais ses images à lui ont du « vocabulaire ». Leur auteur lit, aime lire, il en reste quelque chose dans le son qu’elles émettent, pour qui a l’oreille fine. De par ce son, elles m’invitent irrésistiblement à m’y arrêter, outre qu’elles ont le don, mine de rien, de ne jamais laisser indifférente mon aventure personnelle, vécue à haute température, entre Verbe et Vénus.
J’ai évoqué à leur propos, au début de ce texte, un « léger tremblement du regard ». Léger mais point volatile, puisqu’il est à l’origine de quelque salubres perturbations, infligées à l’esprit de géométrie sitôt que ce dernier prend sa part des illusions d’optique. Que l’on me comprenne bien, par « léger », j’entends une gravité (un largo ?) mettant ses pas dans ceux d’un dansable (en somme une clairvoyance donnant des signes de lévitation… ). Quant au tremblement, son épicentre et ses répliques sont sans doute à chercher du côté d’une révolte de tous les sens devant la réalité du monde tel qu’il est et qu’il va, davantage que du côté de leur dérèglement, l’art des secousses libératrices y gagne ses lettres de noblesse.
C’est beau, fort et inaugural à la fois…

__

Publication

2010

en famille, catalogue de l’exposition

__

Presse papier

2010

03.09    Le Courrier

__

Presse radio

2010

02.10    La Première – Journal de 13h
02.06    Musiq 3 – Journal de 13h

__

Presse TV

2010

01.23    No Télé – Info HO

voyage autour de ma chambre

2010.11.06 – 2010.12.18    Le Vecteur (Charleroi, Belgique)

Une exposition déraisonnable proposée par Olivier Smolders sur le thème des cabinets de curiosités : peintures, objets, films, photographies, sculptures, dessins, curiosités sur le cinéma, les insectes, le surréalisme, les femmes et mille autres sujets indémodables.

avec Quentin & Michel Smolders, Jean-François Spricigo, Pascaline Wollast, Vincent Fleury, Christian Bussy, Nicolas Chevalier.

radio – Journal 13h

Interview radio de Jean-François Spricigo par Pascal Goffaux à l’occasion de l’exposition en famille à la Maison de la Culture de Tournai.
Diffusée le 10 février 2010 au journal de 13h de La Première (RTBF).
Durée : 13min 05sec

en famille - jf spricigo

radio – Journal 13h

Interview radio de Jean-François Spricigo par Pascal Goffaux à l’occasion de l’exposition en famille à la Maison de la Culture de Tournai.
Diffusée le 6 février 2010 au journal de 13h de Musiq 3 (RTBF).
Durée : 4min 12sec