à l’infini nous rassembler

07 au 17 novembre 2018 à 20h
(relâche le 11 et 12 novembre)


Exploration sensible sur le fil des mots et des images.
Promenade funambule au gré du vent, approcher l’expérience de sa caresse et sentir le souffle des précipices quand vient la chute.
Ils sont deux, Masculin et Féminin, ils sont trois, enlacés par la Vie, ils sont le début et la fin, ils sont tout dans ce monde et ils ne sont rien.
Chacun ensemble, à l’infini nous rassembler.

Des images vaporeuses en noir et blanc, des mots à la fois puissants et elliptiques, deux personnes dans l’attente d’une étreinte qui, par la poésie, transpercent l’écran qui les sépare. Jean-François Spricigo joue de tous ses talents de photographe, vidéaste, écrivain et metteur en scène pour incarner, avec la complicité de la comédienne Anna Mouglalis, les mystères lovés dans une rencontre. à l’infini nous rassembler suspend, dans une parenthèse clair-obscur, l’un de ces instants où la vie peut parfois basculer.

Conception Jean-François Spricigo
Avec Anna Mouglalis & Jean-François Spricigo
Texte, photographies, vidéo Jean-François Spricigo
Montage vidéo Baptiste Druot
Création lumière et dispositif scénique Pierre Colomer
Création sonore Fabrice Naud
Traduction anglaise Alexandra Denett

Remerciements pour leurs participations amicales à Josef Nadj pour la chorégraphie et la performance, à Nicolas Crombez pour les dessins et à Silvano Agosti pour l’extrait de son documentaire et l’entretien audio.

durée : environ 1 heure

contacts presse :
Olivier Saksik / olivier@elektronlibre.net / +33 6 73 80 99 23
dossier de presse disponible ici


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à propos

Je crée comme l’oiseau bat des ailes, pour ne pas tomber. Cependant, « qui » crée ? L’envol appartient au détachement.
Cesser de revendiquer quelque appartenance, ne pas s’astreindre aux limites du mental, allez vers le réel, lâcher nos prétendus acquis ; ainsi il n’y a plus de danseur, il y a danse.bio-003

Tenir à jour et à nuit ce journal improbable, déraisonnable mais pas sans raison. Rien à capturer ou à figer, au contraire, c’est la trépidation du monde, la palpitation d’un instant qui m’interpelle. Floue ou non, la « netteté » d’une vision est principalement liée à l’intégrité de son processus.

Le réel surgit quand je cesse de prétendre l’objectiver par l’exercice de ma volonté ou du conditionnement de ma pensée. Dès lors la création a l’honnêteté des émotions, sa subjectivité assume notre relation à la vérité. Ce qui compte aujourd’hui en mon cœur n’est pas tant mon existence propre que la disponibilité à la Vie qui la traverse. Refermer la « belle » histoire promue par les marchands de rêves pour s’ouvrir au vertige d’une vie pleine, jusqu’en ses paradoxes.

La nature m’apprend à me réconcilier avec moi-même et les autres. Les animaux ont particulièrement participé à m’apaiser face à ce que je percevais comme des injustices. L’évidence de leur présence, leur ancrage spontané, m’a donné accès à une respiration plus sereine. Auprès d’eux, j’ai eu conscience de la différence notable entre la perfection ostentatoire à laquelle mes semblables prétendent trop souvent, et la justesse qui ne revendique rien, elle est. Humblement, j’observe cette nature et la reconnais comme seule norme tangible face aux mutations de nos sociétés. Il n’est pas ici question de chercher l’opposition ou de créer une hiérarchie entre l’Homme et la Nature, mais bien de faire entendre au premier qu’il s’inscrit dans la seconde, et que jamais il n’a conquis quoi que ce soit de pérenne quand il la profane. Je vis cela comme je respire, j’apprends pas à pas à transcender le tumulte en contemplation.

Longtemps il fut essentiellement question de photographie dans mon rapport au monde, aujourd’hui la palette s’étend à l’écriture, la vidéo, la mise en scène, l’enseignement, l’interprétation et étreindre l’horizon. Cette multiplicité est avant tout vécue comme une nécessaire cohésion à embras(s)er les différentes colorations de la vie.

Vivre, « créer », quelque forme que cela prend, c’est avant tout l’engagement de l’être entier dans l’évènement, une affaire de distance, de discernement afin de s’inscrire dans le flux du monde par les chemins de l’apaisement. Faire autant confiance aux sens qu’à l’intelligence, renouer avec les instincts éclairés, accepter le paradoxe pour cesser de souscrire à la contradiction, et enfin cohabiter avec nos forces obscures comme promesse de lumière.

Cette perspective est une acuité fragile, une vision de l’immédiat et du lointain, l’inconnu à explorer forge son intensité. Une conquête verticale dont l’issue sera la chute. Mais je ne tombe pas, le vertige des gouffres est celui des révélations.