Archive d’étiquettes pour : photography

le vent se lève

 

Ce récit ne constitue ni une série ni un concept
nulle pensée même
à l’exception de la fleur du même nom, prolonger l’effloraison des sens
la Vie ne s’exprime pas en série, tout est neuf, inlassablement
pas davantage de démarche, mais des marches
sous la pluie, le vent, le soleil, bordées de l’infini du ciel
ainsi pressentir l’infini en soi
s’envisager sans plus dévisager, chacun, ensemble
conquête à l’acuité fragile
l’issue sera la chute
mais je ne tombe pas
le vertige des gouffres est celui des révélations.

Jean-François Spricigo

 

Jean-François Spricigo poursuit une quête photographique faite de vent, de nuit, de souffles animaux et humains mêlés.
Instinctif et sensuel, son travail est centré sur la nature, les animaux, sur le lien qui nous unit à la part sauvage du monde.
Lauréat du programme de commandes artistiques Mondes nouveaux, créé par le ministère de la Culture, Jean-François Spricigo a pu travailler à Mayotte, sur l’île de la Réunion et en Guyane (Le livre fruit de ces voyages, “nous l’horizon resterons seul”, éditions Le bec en l’air, a reçu le prix Nadar 2023).
Des résidences d’artiste en Corse, dans les Pyrénées et en Normandie (à l’invitation du Conservatoire du littoral) ont suivi, ainsi que des séjours dans son pays de coeur, le Canada.
Ainsi cette exposition est née de pérégrinations dans des lieux fort divers mais pareillement habités, par la grâce et la poésie d’un regard, de vent, de lumière et de nuit.

Didier Brousse

~

 

This narrative is not part of a series nor a concept
nor even a thought
and thus it offers a limitless scope for the senses to blossom
life does not manifest as a series, all is in relentless renewal
no more steps to enforce and undertake, but steps to walk forth
in the rain, wind, and sun, framed by the sky’s infinity
wherewith one finally senses the infinity within.
envisioning without dehumanizing, each one of us, together
a conquest with a fragile acuity
the outcome is a plummeting drop
but I do not fall
The vertigo of the abyss is one of revelations

Jean-François Spricigo

 

Jean-François Spricigo’s photographic quest is composed of the wind, the night and the dance of breath between animal and human.
Instinctive and sensual, his work is centered on Nature, animals and that which unites us with our primal instincts.
Winning artist of the « Mondes Nouveaux » (New Worlds) artistic commission program, created by the French Ministry of Culture, Jean-François Spricigo travelled to Mayotte, Reunion Island and French Guiana (the photography book arising from these travels, “nous l’horizon resterons seul”, published by Le bec en l’air, won the coveted Prix Nadar in 2023).
This was followed by artist residencies in Corsica, the Pyrenees and Normandy (at the invitation of the Conservatoire du Littoral), as well as sojourns in the country which has captivated his heart, Canada.
This exhibition was born of meandering journeys in wildly diverse locations but equally embodied by the grace and poetry of a gaze, of the wind, the light and the night.

Didier Brousse

~

 

Galerie Camera Obscura
268, boulevard Raspail 75014 Paris • Tél : 01 45 45 67 08
Du mardi au vendredi, de 12h à 19h / Samedi, de 11h à 19h
exposition du 7 septembre au 9 novembre 2024

flores

débutfinaveclieuhorairescontact
2018.09.072018.10.20Takashi Arai
Rosa Artero
Denis Brihat
Eric Dessert
Marcelo Fuentes
Michael Kenna
Ingar Krauss
Josef Nadj
Françoise Nuñez
Sarah Moon
Bernard Plossu
Jean-François Spricigo
Patrick Taberna
Masao Yamamoto
Camera Obscuradu mardi au vendredi
de 12h à 19h

et le samedi
de 11 à 19h

ou sur rendez-vous
268, Boulevard Raspail
75014 Paris
France


+ 33 1 45 45 67 08

cameraobscura@free.fr

Pourquoi Flores ? Nous avons emprunté ce titre à Rosa Artero et Marcelo Fuentes, couple de peintres espagnols et amis proches de la galerie, dont le travail sur les fleurs nous enchante.
La belle sonorité de ce mot et l’envie de proposer un thème qui rassemble la plupart de nos
artistes à l’occasion des 25 ans de la galerie nous ont séduits : qu’apporte-t-on à un anniversaire
sinon un beau bouquet de fleurs ?
Nous avons donc le plaisir de vous proposer un florilège de photographies de Takashi Arai, Denis Brihat, Eric Dessert, Michael Kenna, Ingar Krauss, Josef Nadj, Françoise Nuñez, Sarah Moon, Bernard Plossu, Jean-François Spricigo, Patrick Taberna, Masao Yamamoto, autour d’un choix des peintures de Rosa Artero et Marcelo Fuentes, qui ont inspiré ce thème.

Didier Brousse

voyage d’hiver

Depuis son exposition au Botanique il y a une dizaine d’années, l’artiste belge Jean-François Spricigo a parcouru bien des chemins. Résident du CentQuatre à Paris, à la Casa Velasquez à Madrid ou à l’Academia Belgica à Rome, il n’a cessé d’approfondir son langage photographique empreint d’amour de la solitude et des animaux, d’étrangeté fantomatique.
La musique, également, accompagne ses images depuis longtemps, sous diverses formes. Clips pour Albin de la Simone ou pour le groupe bruxellois BaliMurphy, collaborations avec le pianiste Alexandre Taraud, son univers s’habille également d’éléments cinématographiques.
C’est dans un corpus foisonnant d’images que la A-Galerie a choisi un ensemble de saison, dicté par l’atmosphère du Voyage d’hiver de Franz Schubert. Comme cette célèbre pièce pour piano et voix, les photographies de Jean-François Spricigo résonnent de voyage, d’intériorité au romantisme certain. Les images témoignent, comme l’histoire du voyage d’hiver, de la rencontre entre la poésie et la musique, des hasards des collusions. Après la nuit (« Notturno »), le silence (« Silenzio »), et la Romance (« Romanza »), Jean-François Spricigo continue ses voyages aux croisements des disciplines, tout en explorant un monde qui n’appartient qu’à lui seul, même s’il nous semble déjà l’avoir vu un jour de discernement fugace.
Jean-François Spricigo n’est pas que photographe, et c’est sans doute pour cela que ses images nous semblent autant parler de cette discipline. Il lui rend ses ombres et ses lumières, la mélodie des silhouettes, son enfance et sa mémoire.
Vols d’oiseaux, mer d’Ouessant, portraits visibles et invisibles, chiens accompagnateurs et notes furtives composent cet ensemble inédit pour sa première exposition en Belgique depuis une dizaine d’années de rencontres, d’arpèges et de marches.

François Delvoye
Novembre 2017

Vernissage le jeudi 14 décembre de 18h30 à 21h, en présence de l’artiste.

A. galerie
rue du Page, 25
1050 Bruxelles
Belgique

Tel. +32 (0)2 534 80 59
Mob. +32 (0)476 879 139

delvoyefrancois@hotmail.com

Du mardi au samedi de 11h à 14h et de 14h30 à 19h

les îles

2017.06.01 – 2017.07.29    Camera Obscura

le loup et l’enfant

2013.04.25    –    2013.06.07    Institut Français (Madrid)
2012.11.07    –    2012.12.22    Agathe Gaillard (Paris)

World Spay Day

Mog - JF.Spricigo

World Spay Day is an annual event of The Humane Society of the United States and Humane Society International to inspire people to save animals’ lives by spaying or neutering pets and feral cats. World Spay Day officially takes place on the last Tuesday of February—but events will be running all through the month! The 17th annual World Spay Day is Feb. 28, 2012.

“Mog”

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manifeste

Créer comme l’oiseau bat des ailes, pour ne pas tomber.
Cependant, “qui” crée ?
L’envol appartient au détachement.
Abandonner les prétendus acquis, s’abandonner au réel
toujours il nous trouve.
L’inattendu est fécond.
Une fois le “je” dissous, la danse s’émancipe du danseur
le “jeu” devient possible.
Tenir à jour et à nuit ce journal improbable, déraisonnable
mais pas sans raison.
Rien à capturer, tant à partager.
Mieux vaut s’offrir à l’inconnu que souffrir du connu.
En photographie comme ailleurs, la netteté se focalise avant tout sur l’émotion.
Floue ou non
la sagacité d’une vision relie l’intime à la sensualité de son processus.
Le réel s’imprime en mouvement
le figer est un leurre dont nous sommes la proie.
Depuis l’enfance j’observe la nature.
Les animaux m’ont providentiellement apaisé
au regard de l’agitation des sociétés humaines.
Intensément présents, tout en spontanéité généreuse
vivifiés par leur audace sauvage, inlassablement ils exhument la joie.
Inspirent la confiance à s’autoriser une respiration alcyonienne.
Avec eux, j’apprends à discerner perfection ostentatoire et justesse.
La perfection ne nous concerne pas, seule la justesse nous revient.
Justesse affranchie de justifications et de louanges
pareilles aux fleurs à la fougueuse euphorie d’être
Indocile aux obédiences, je pressens néanmoins une foi salutaire
la Vie nous aime.
Elle s’épanouit à l’instant où j’abdique toute revendication à l’objectiver
assoupir l’exercice de ma volonté et le conditionnement de ma pensée.
Ainsi s’éveiller à l’incandescente relation
entre subjectivité insouciante et vérité insolente.
Oser notre part d’ombre pour (s’)accorder la stimulante clarté
Mon existence compte peu, seule conte la Vie.
Enlace en nous l’unicité dans l’immémorial universel
je n’incarne pas Son intention, mais Son expression.
Peu importe la forme choisie par la Vie
l’essentiel réside au sein de la Vie dans la forme.
Opposer “culturel” et “naturel” impose une terreur anthropocentrée
le présumé bénéfice commun se meurt souvent en intérêt particulier.
Culture, Nature, l’un est le langage de l’autre
ils se fertilisent quand ils s’enchantent.
Refermer la belle histoire promue par les marchands de rêves
tendrement s’ouvrir à l’immensité, insondable et puissante, jusqu’en ses paradoxes.
À mesure des démesures, accueillir l’inarrêtable en son cœur
transcender le tumulte en palpitations.
Sans devenir ni nostalgie, la vraie beauté pousse à l’ombre des apparences.
Longtemps la photographie m’a ouvert au monde
aujourd’hui se déploient également l’écriture, la vidéo, la scène, et la rencontre en atelier.
Multiplicité propice à embras(s)er les jouissives colorations des horizons offerts.
Vivre, créer, quelque forme que cela prend, engage l’être entier dans l’événement
coruscation joyeuse, vive présence non identifiée aux peurs
ou à l’autorité unilatérale des manques déguisés en désirs.
Concevoir sereinement cette perspective, hors de tous dogmes
au-delà de toute formulation
la Vie nous aime.
Nul besoin d’en faire un objectif, Elle mûrit dans l’évidence.
Rien à atteindre, le nécessaire est déjà là.
Tout ce que je n’intègre pas, par essence me désintègre.
Accepter le paradoxe pour cesser de souscrire à la contradiction.
Alors pouvons-nous cohabiter avec nos forces obscures comme promesse de lumière ?
L’inconnu à explorer forge son intensité.
Ce récit ne constitue ni une série ni un concept
nulle pensée même
à l’exception de la fleur du même nom, prolonger l’effloraison des sens.
La Vie ne s’exprime pas en série, tout est neuf, inlassablement.
Pas davantage de démarche, mais des marches
sous la pluie, le vent, le soleil
bordées de l’infini du ciel auprès duquel pressentir l’infini en soi.
S’envisager sans plus dévisager, chacun, ensemble.
Conquête à l’acuité fragile
l’issue sera la chute
mais je ne tombe pas.
Le vertige des gouffres est celui des révélations.

Jean-François Spricigo